L'histoire de Saint-Tropez

L'histoire de Saint-Tropez

De sa fondation jusqu’au XXIe siècle, en passant par la légende de Torpès, l’histoire de Saint-Tropez est étroitement liée à la mer. Les marchands de passage, étrusques puis grecs précèdent l’installation des romains qui exportent par mer, le vin et l’huile produits.

Si au Moyen-âge, les hommes de la presqu’île semblent délaisser quelque peu la mer, celle-ci revient au cœur des préoccupations des nouveaux habitants qui s’installent à la fin du XVe siècle.

Cette période qui débute, voit l’activité de Saint-Tropez entièrement tournée vers le large. Pêche, petit cabotage, long cours et chantiers navals occupent la plupart des hommes du lieu. Même l’agriculture est conditionnée à l’activité maritime. Les Tropéziens privilégient la vigne, le vin étant une marchandise riche que l’on exporte en grande quantité.

Au XIXe, puis au XXe siècle, l’espace maritime conditionne largement la vie économique, sociale et culturelle de Saint-Tropez. Cependant, le passage de Maupassant, l’arrivée de Paul Signac marquent le début d’un nouvel âge d’or pour Saint-Tropez qui deviendra le rendez-vous de nombreux artistes, peintres, auteurs, cinéastes et un grand port de plaisance. Si par le passé les Tropéziens parcouraient le monde, aujourd’hui, c’est le monde qui vient à Saint-Tropez.

En 1470, alors que la presqu’île est désertée depuis un siècle, une convention est établie entre Jean Cossa, grand sénéchal de Provence, seigneur de Grimaud, et un gentilhomme génois, Raphaël di Garezzio qui s’installe avec une vingtaine de familles génoises pour la plupart. La nouvelle communauté s’engage à relever la ville et à la défendre, ainsi que les rivages avoisinants. En contrepartie, les habitants seront francs, libres et exempts de tout impôt. La renaissance est rapide.

Saint-Tropez devient une petite cité dirigée par le seigneur et surtout les consuls élus chaque année.

Après la Révolution, l’activité des chantiers navals (marine marchande) demeure forte jusqu’à l’avènement des bateaux à vapeur et l’arrivée du chemin de fer à Fréjus/Saint-Raphaël, ce qui déplace le centre de gravité maritime vers l’est du département. En 1791 est créée l'école d'hydrographie qui forma jusqu'en 1914 les maitres en cabotage et les capitaines au long cours

A la fin du XIXe siècle et début du XXe siècle, Guy de Maupassant et Paul Signac découvrent Saint-Tropez et la font connaître au monde entier. Ainsi, au moment où la marine en fer remplace la marine en bois, Saint-Tropez connait un nouveau destin artistique et culturel qui va préluder à l’engouement touristique.

La légende de Saint-Tropez

La ville de Saint-Tropez doit son nom aux moines de l’Abbaye de Saint-Victor de Marseille, qui la baptisèrent alors San-Torpes. Ces religieux, propriétaires au XIe siècle de la presqu’île, et de toutes les terres adjacentes, ont élevé ici une chapelle qu’ils ont baptisée «Ecclesia Sancti Torpetis», en souvenir du martyr Torpetius ou Torpes. C’est en l’an 68 après J.C, que Torpes, intendant de Néron fut martyrisé et décapité à Pise sur ordre de ce dernier, pour ne pas avoir voulu abjurer sa récente foi chrétienne. Son corps fut ensuite livré aux flots avec un coq et un chien dans une barque, portée par le courant Ligure, qui aurait alors échoué sur les rivages du golfe.

Bien avant cet événement, en 599 avant J.C., les Phocéens s’installaient à Marseille. Ces hellènes originaires d’Asie Mineure vont créer un chapelet de stations de mouillage en Méditerranée, dont Athenapolis. La romanisation de la Gaule va commencer au milieu du deuxième siècle avant J.C. Dès le règne d’Auguste, les romains développent la colonisation de la Presqu’île avec l’implantation de «villas» et l’extension des vignobles et des fermes tout au long du premier siècle de notre ère. Ensuite, comme dans toute l’Europe occidentale, le pays connaîtra le chaos et les destructions des multiples invasions qui suivront la chute de l’Empire romain…

Terre de traditions

Tous les ans, depuis 1558, le lundi de Pâques, le Conseil municipal, réuni en séance extraordinaire, nomme le Capitaine de ville. Initialement chargé durant son année de capitanat de conduire la milice locale et d'assurer la défense de la ville, son rôle est aujourd'hui moins belliqueux mais n’en demeure pas moins important. Entouré de son Etat-major, le Capitaine de ville assure la direction des Bravades de Saint-Tropez, cette fête votive qui se déroule, chaque année, les 16, 17 et 18 mai. 

Le 16 mai après-midi, sur le perron de l'hôtel de ville, devant le corps de Bravade, le Maire remet au Capitaine de ville, par l'intermédiaire de son Major, la pique, insigne de sa charge et reçoit le premier salut officiel. Quelques instants plus tard, l'Enseigne recevra le drapeau. Les Bravades démarrent alors officiellement. Jusqu'au soir, les saluts vont se succéder selon un rituel séculaire en hommage au Saint-Patron de la cité.

Le 17 mai au matin, à l'issue de la messe solennelle dite "messe des mousquetaires", le corps de Bravade et les provençales en costume précèdent le buste de Saint-Tropez lors d'un défilé dans les rues de la ville, qui constitue un grand moment de liesse et de ferveur populaire.

La nuit venue, sur la place de l'hôtel de ville, résonnent les derniers coups de tromblons après que le Capitaine de ville et l'Enseigne aient rendu au Maire la pique et le drapeau. L'émotion est palpable alors que Saint-Tropez retourne dans sa chasse et que les bravadeurs lui donnent rendez-vous l'année suivante.

Des racines provençales

Le groupe folklorique « Lou Rampeù » a été créé en 1951. Le mot «Rampeù», qui signifie «rappel», donne son plein sens à l’Association qui porte ce nom, en soulignant que les objectifs et les actions du groupe consistent essentiellement en un rappel incessant des traditions. A sa création, il s’agissait uniquement de la danse. Puis d’autres volets de la culture provençale vinrent s’ajouter aux activités du « Rampeù ». Tout d’abord, l’étude et l’usage des instruments traditionnels, galoubet et tambourin ; puis la création d’une chorale, qui accompagne les danses et anime les grandes cérémonies de la cité et enfin une troupe théâtrale.